Pishteu : pourquoi un chef cuisinier et un coloriste ont fait un shampoing sans sulfate à Wendake
Kabir Kouba Inspiration fait des sirops, des huiles et des épices. Alors pourquoi un shampoing ? Parce qu'un jour, dans un salon de coiffure, la question s'est posée autrement : et si la forêt boréale pouvait entrer dans la douche comme elle entre dans l'assiette ? Voici l'histoire de Pishteu, et ce qu'on a appris en le fabriquant.
Un chef et un coloriste dans le même atelier
Pishteu est né de la rencontre entre MCBB, Benoît maison de coloration Benois Blais et Kabir Kouba Inspiration. D'un côté, un maître coloriste qui passe ses journées les mains dans les cheveux et qui sait exactement ce qui les rend difficiles à travailler. De l'autre, un chef qui connaît les plantes du territoire, leurs odeurs et la façon de les doser. On a mis les deux dans le même atelier, et on a passé plusieurs heures à faire des lots d'essai, à ajuster la texture, à sentir, à recommencer.
Ce qu'un coloriste voit que vous ne voyez pas
Beaucoup de shampoings de grande surface, et même certains vendus en salon, reposent sur deux choses : des sulfates pour faire beaucoup de mousse et des silicones pour donner l'impression d'un cheveu lisse et brillant. Le silicone fonctionne en enveloppant la fibre d'une pellicule. Le résultat est immédiat, mais il s'accumule lavage après lavage. Pour un coloriste, un cheveu gainé de silicone est un cheveu difficile : la couleur prend inégalement, les soins pénètrent mal, il faut parfois décaper avant de travailler.
C'est de là qu'est venue la première décision : Pishteu serait sans sulfate et sans silicone. Une base lavante dérivée de la noix de coco, douce, qui nettoie sans décaper. De la glycérine d'origine végétale et du panthénol pour que le cheveu ressorte souple et facile à démêler. Rien qui gaine, rien qui s'accumule. Un cheveu propre, tout simplement, qui reste facile à travailler entre deux visites au salon.
Le parfum : là où on a mis l'argent
La deuxième décision, c'est le parfum. Dans la plupart des shampoings, l'odeur vient d'un mélange étiqueté « parfum », composé de dizaines de molécules synthétiques, et qui coûte quelques cents par bouteille. On voulait autre chose : que Pishteu sente vraiment la forêt boréale, pas une idée de forêt fabriquée en laboratoire.
Le nez de Pishteu, ce sont donc trois huiles essentielles et leurs hydrolats, rien d'autre. Le citron ouvre, frais et net. Le thé du Labrador, cette petite plante des tourbières qu'on utilise déjà dans nos sirops, apporte la note résineuse fleurale et boisée. Le sapin baumier ferme le tout, comme une marche en sous-bois après la pluie. L'odeur est présente au lavage, puis elle s'efface. C'est voulu : un parfum synthétique est conçu pour tenir toute la journée, une huile essentielle, non.
Le thé du Labrador est à lui seul l'ingrédient le plus précieux de la bouteille. Il faut énormément de feuilles pour obtenir quelques millilitres d'huile essentielle, et c'est ce qui explique en bonne partie le prix de Pishteu. On a fait le choix de ne pas tricher là-dessus.
Fait à froid, en petits lots, à Wendake
Pishteu n'est pas fabriqué dans une usine. Chaque lot est préparé à froid dans notre atelier de Wendake, en petites quantités, pesé et ajusté à la main. Le procédé à froid préserve les huiles essentielles, qui n'aiment pas la chaleur, et il correspond à notre façon de faire les choses : lentement, en petit, en contrôlant chaque étape. Ça veut dire aussi qu'il n'y en aura jamais des palettes. Quand un lot est vendu, on en refait un.
Pourquoi 44,98 $ pour un shampoing
On préfère l'expliquer plutôt que de laisser l'étiquette parler seule. Le parfum aux huiles essentielles est le poste le plus cher de la bouteille. La fabrication à la main, en petits lots, sans sous-traitant, coûte plus cher qu'une chaîne. Le format est de 355 ml avec pompe, plutôt que le 250 ml habituel des marques de salon : ramené au millilitre, Pishteu se situe dans la fourchette des grandes marques professionnelles, mais avec une base sans sulfate et un parfum aux huiles essentielles que la plupart d'entre elles n'offrent pas. Et il est fabriqué ici, par une entreprise ilnu de Wendake et un salon de Wendake : l'argent reste dans le territoire.
Comment l'utiliser
Sur cheveux mouillés, une ou deux pressions de pompe. Masser le cuir chevelu, laisser mousser, rincer abondamment. Pishteu convient à un usage quotidien et aux cheveux colorés. Ne vous attendez pas à la mousse volumineuse d'un shampoing aux sulfates : la mousse est fine et crémeuse, et elle se rince facilement. Après quelques lavages, quand le silicone des anciens produits est parti, le cheveu retrouve son toucher naturel.
Où le trouver
Pishteu est offert dans notre boutique en ligne, chez MCBB à Wendake, et bientôt au Boréal Café. C'est notre premier soin capillaire, et probablement pas le dernier : le revitalisant assorti est déjà sur la table de l'atelier.
Un rituel boréal d'exception, à portée de douche.